Tâches ménagères et migraine : ma méthode

Person making a bed by spreading a duvet in a bright bedroom
Getty Images/AndreyPopov

La migraine chronique peut rendre les tâches ménagères encore plus pénibles qu’elles ne le sont déjà. Daisy Swaffer partage quatre stratégies adaptées à la migraine pour entretenir son logement sans se sentir submergé.e.

Il y a certains moments de l’année ou l’impact d’une maladie chronique se fait particulièrement sentir. Ces derniers mois, j'ai ainsi vu circuler sur Internet de nombreuses listes de « grand nettoyage de printemps ». Cela a instantanément généré chez moi un sentiment de culpabilité et de honte.

Est-ce que mon intérieur est bien tenu lorsque je me limite à l’essentiel ? Que je vive ou non avec la migraine chronique, je ressens le poids de la société sur mes épaules et j’ai du mal à m’en libérer.

Le cycle Migraine – Désordre – Culpabilité

Depuis que je vis avec une migraine chronique, mon intérieur a toujours été une source de stress. Rien n’avance lorsque je ne me sens pas suffisamment en forme pour accomplir les tâches ménagères, ranger ou préparer à manger. La situation empire alors, jusqu’au moment où elle semble impossible à gérer.

Certaines personnes m’ont conseillé de faire appel à une femme de ménage. Mais comme la migraine m’empêche de travailler, je n’ai pas les moyens de la payer. Et même si je le pouvais, ce ne serait clairement pas pratique. Car la maison ne serait jamais assez bien rangée pour que la femme de ménage puisse la nettoyer.

J'ai donc progressivement mis au point des « techniques de ménage adaptées à la migraine », qui me permettent de maintenir mon intérieur propre, tout en tenant compte de ma maladie chronique.

4 techniques pour garder votre maison propre malgré la migraine

1. Allez à votre rythme (j’utilise une méthode KonMari adaptée)

En début d’année, alors que chacun prenait de bonnes résolutions, j’ai décidé de faire quelque chose pour mon intérieur. Quelque chose de plus qu’un simple rangement rapide. Je tenais à ce que cela présente des avantages à long terme.

Ainsi, après avoir vu à la télévision un reportage sur la « grande prêtresse » du rangement, Marie Kondo, j’ai pensé que je pourrais peut-être utiliser cette nouvelle méthode. J’en ai parlé à une amie proche, qui a lu les livres de Marie Kondo. J'ai immédiatement compris que les techniques qu’elle proposait devraient être adaptées pour une personne vivant avec une maladie chronique.

Si vous suivez la méthode KonMari, vous devez tout d’abord sortir l’ensemble des vos vêtements et les mettre dans une grande pile. Une fois que vous visualisez le nombre de vêtements que vous possédez, vous devez les passer en revue un par un, et conserver uniquement ceux qui vous « procurent de la joie ».

Rien qu’à cette idée, j’avais des sueurs froides.

Le fait de sortir l’ensemble des vêtements de mon armoire et de les empiler était un effort qui me déclencherait à coup sûr une migraine. Sans parler du rangement qui s'en suivrait ! Je me retrouverais avec une montagne de vêtements sur mon lit, complètement épuisée et avec une migraine qui risquerait de durer les trois jours suivants.

Pour avancer, j’ai compris qu'il fallait que je progresse à mon rythme. J’ai donc procédé par catégorie de vêtements et j’ai obtenu de bons résultats en l’espace de quelques semaines.

Aurais-je conservé les mêmes choses si j’avais suivi à la lettre la méthode proposée par Marie Kondo ? Je n’en sais rien. Mais en allant à mon rythme, j’ai pu en venir à bout, même si je suis allée un peu plus lentement et à ma façon.

2. Acceptez de devoir faire les choses différemment

Une chose m’interpellait lorsque je passais en revue mes sous-vêtements (désolée d’aborder ce volet intime). Bien que je sois parvenue à me défaire des culottes qui ne m'allaient plus ou qui étaient devenues inconfortables à porter, je n’ai pas réussi à me résoudre à toutes les jeter. Cela peut sembler sans importance... jusqu’au moment où l’on apprend que j’en avais plus de 150 !

Lorsque j'ai raconté cela à mon amie, qui était elle aussi engagée dans le même processus, elle n'a pas compris pourquoi j’avais besoin de conserver une quantité aussi absurde de sous-vêtements.

Alors j’ai arrêté mon énorme stock de culottes et je me suis interrogée sur les raisons d'un tel nombre…

Quand j’allais vraiment mal, je ne parvenais à suivre le rythme des lessives. Lorsque je devais surmonter la douleur et consacrer le peu de forces qui me restaient à mon travail, il était en effet beaucoup plus facile pour moi de me rendre dans un magasin pour acheter de nouveaux sous-vêtements que de laver et sécher ceux que j'avais à la maison.

De fait, cette pile ne me procurait pas vraiment de « joie ». En revanche, savoir que j’ai assez de sous-vêtements pour tenir plusieurs jours avant de devoir faire une lessive était rassurant.

Vivre avec une maladie chronique m’a obligée à m’adapter d’une façon que beaucoup pourraient considérer « étrange ». Et l’une des « techniques de ménage adaptées à la migraine » consiste à accepter ses propres limites... et les excentricités qui les accompagnent !

3. Ne cherchez pas à tout faire en même temps : établissez des priorités pour vos tâches ménagères

Même améliorer un seul aspect de mon intérieur m’a demandé beaucoup d’énergie et de concentration. Il est rapidement devenu évident qu’il me faudrait des années pour venir à bout de ce qu’il y avait à trier. Dieu seul sait comment je pourrais gérer un déménagement avec une migraine chronique ! Heureusement, il n’en est pas question pour l’instant.

Donc, au lieu de passer en revue ma maison dans l’ordre prévu par la méthode KonMari originale, j’ai décidé d'accorder la priorité aux choses qui sont susceptibles d'avoir un impact sur mon niveau de stress et mon bien-être mental. Voici mes astuces :

  • Faire le tri dans les vêtements. Le fait de les plier soigneusement vous permettra aussi de gagner de la place pour ranger le linge propre lorsque vous ferez votre lessive.
  • Organiser les chaussures et les sacs. Lorsqu’ils sont facilement accessibles, cela peut simplifier la mission (parfois impossible) qui consiste à sortir de chez soi.
  • Faire le tri dans les draps et les serviettes. Il est ainsi plus facile et moins stressant de devoir les changer.
  • Supprimer de la salle de bain les articles de toilette inutiles. Cela libérera de l’espace et vous permettra de trouver ce que vous cherchez plus aisément.

Au lieu de me sentir mal à cause de tout ce que je ne suis pas parvenue à faire, je me sens un peu mieux en me concentrant sur les petites choses que je peux accomplir au quotidien.

4. Soyez fier.ère des petites choses

L’une de mes autres stratégies favorites de ménage adaptées à la migraine consiste à ajouter une touche de « joie » lorsque je réalise des tâches qui contribuent à la gestion de ma maladie.

Je bois beaucoup de thés différents, alors j’ai consacré un peu plus de temps à fabriquer un petit meuble à tiroir pour tous les ranger. Chaque fois que je me prépare une tasse de thé, cela me « procure de la joie ». Cela me motive aussi à maintenir une bonne hydratation, un élément essentiel pour prévenir les crises de migraine.

Le point à retenir

La façon de s’occuper de son intérieur peut nécessiter une approche différente lorsque vous vivez avec une maladie chronique. Cependant, procéder à des changements progressifs et durables contribuera à rendre votre logement plus agréable à vivre.

Si beaucoup considéreront que ma maison ressemble à leur pire cauchemar, elle est, à mes yeux, nettement mieux adaptée à mes besoins. Et le plus important, c’est qu’elle s’est améliorée par petites touches qui ont fini par changer les choses en profondeur.

J’ai toujours du mal à gérer les lessives, la cuisine, le nettoyage et le rangement et je grimace encore à la vue de ces listes de « grand ménage de printemps ». Mais je travaille progressivement à rendre toutes ces tâches plus faciles sur le long terme.

Ce témoignage et les informations présentées ont une visée pédagogique et ne constituent pas des conseils spécifiques pour l'évaluation, la gestion ou le traitement d'une quelconque pathologie.

COB-FR-NP-00166 – sept. 2026

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