Comment venir en aide à une personne pendant une crise de migraine ?

Voir un proche traverser un épisode migraineux peut être pénible et angoissant. Se sentir impuissant face à sa souffrance est souvent très difficile.
Mais il existe plusieurs façons concrètes de venir en aide à un proche pendant une crise de migraine. Sarah Alexander-Georgeson, elle-même migraineuse, nous fait part aujourd'hui de 7 conseils destinés aux proches et amis.
Si la migraine est aujourd'hui mieux connue, nombreux sont ceux qui ont encore du mal à comprendre cette maladie et sous-estiment sa sévérité.
La migraine est une maladie chronique qui peut affecter l’ensemble du corps et une crise de migraine n’est pas un simple mal de tête. Voici quelques-uns des symptômes classiques d’une crise de migraine :
- Maux de tête
- Problèmes visuels
- Troubles sensoriels : sensibilité à la lumière, aux odeurs et aux sons
- Nausées et vomissements
La migraine peut toutefois se manifester sous différents types, chacun associé à des symptômes variés. Certains symptômes sont communs à toutes les migraines, tandis que d’autres sont spécifiques à certains types.
Selon les situations, les symptômes de la migraine peuvent empêcher une personne de mener une vie normale. De même, chaque protocole et traitement de la migraine est différent : ce qui peut être bénéfique à une personne sera inefficace chez une autre.
En ce qui me concerne, je souffre des types de migraine suivants :
- Migraine hémiplégique (faiblesse temporaire d'un côté du corps lors d’une crise)
- Migraine oculaire ou rétinienne (troubles visuels touchant généralement un seul œil au cours d’une crise)
- Migraine chronique (plus de 15 jours de migraine par mois)
- Migraine vestibulaire (vertiges, déséquilibre, nausées et vomissements)
- Migraine avec aura (troubles visuels, de la parole et sensitifs avant ou pendant une crise)
La vie a décidé que je devais cocher toutes les cases de la migraine ! Mais toutes ces années de souffrance (et d’effort pour gérer et suivre mes diagnostics) vous à savoir précisément de quelle aide j'ai besoin lorsqu'une crise de migraine se déclenche.
Malheureusement, certains de mes symptômes migraineux ne me permettent pas d’exprimer ces besoins sur le moment. Une crise de migraine hémiplégique, par exemple, me prive de ma capacité à parler. A vrai dire, lorsque j’ai eu ma première crise de ce type, ma famille et moi étions convaincus que je faisais un AVC. Donc, si je suis incapable de parler, je dois disposer d'autres moyens de communiquer mes besoins. C’est ce que j’ai fait jusqu’ici grâce à mon plan de gestion des crises de migraine.
Pour les migraineux : créer un plan de gestion des crises de migraine
À l’instar des migraines, le plan de gestion de crises de chacun sera différent. Les personnes souffrant de la maladie devront passer par une phase d’essais et d’erreurs jusqu’à ce qu’ils parviennent à mettre au point le plan qui leur convient parfaitement. Rappelez-vous, l'objectif premier d’un plan de gestion de crises est de vous permettre, ainsi qu’à vos proches, de savoir ce qui peut vous soulager en cas de crise.
Mon plan se présente en deux colonnes. La première dresse la liste des différents symptômes ou douleurs que je ressens. La seconde contient une liste de remèdes, de moyens de soulagements et de distractions. La plupart de ces solutions ne concernent pas les médicaments qui me sont prescrits (bien que ces derniers figurent également sur la liste). Elles me rappellent plutôt d’autres choses qui m’ont soulagée, comme les compressions, la chaleur, les massages, etc.
Votre plan de gestion de crises peut inclure tout ce que vous voulez. Si la méditation vous apporte un soulagement, ajoutez-la à la liste. Si prendre un bain chaud, avant de dévorer des séries à la télévision vous aide à soulager la douleur et à penser à autre chose, ajoutez-les aussi.
Mon plan constitue un pense-bête, une aide pratique en cas de migraine. Il me sert, mais il est également utile à mes proches et à mes amis. Lorsque je suis en pleine crise, il m’est souvent impossible d’exprimer ce dont j’ai besoin. La plupart du temps, je ne parviens même pas à me rappeler des gestes simples qui figurent sur ma liste, comme demander une poche de chaud.
Tous ceux qui comme moi souffrent de migraine comprendront lorsque je dis qu’en pleine crise, on ne pense à rien d'autre qu’à la douleur que l’on ressent. C’est pourquoi je trouve utile d’avoir un plan écrit sur une feuille de papier ou sur mon téléphone. Je peux ainsi le montrer à mes proches ou à mes amis afin qu’ils sachent comment m’aider.
Si certaines odeurs me donnent des nausées, je peux par exemple le noter sur mon plan. Mes proches prendront des mesures concrètes pour créer un environnement sans odeur autour de moi. Ils veilleront à éviter tous les parfums, produits d’entretien entêtant ou autres odeurs de cuisine qui me rendent malade.
Pour les proches et les amis : 7 façons de venir en aide à une personne en pleine crise de migraine
Si vous connaissez un migraineux, il existe de nombreuses façons pratiques de lui venir en aide lorsqu'il est en pleine crise. Voici quelques exemples :
1. Veillez à ce que sa bouteille d’eau soit pleine et à portée de main
Si votre proche est en crise, boire régulièrement un verre d’eau ne sera peut-être pas perçu comme une priorité immédiate pour lui. Pourtant, une bonne hydratation est essentielle pour faire face à une crise de migraine. Assurez-vous que votre proche boive suffisamment d’eau afin de soulager ses symptômes.
2. Proposez-lui des repas légers et réguliers
Si vous le pouvez, vérifiez si certains aliments sont susceptibles de déclencher une migraine chez votre proche avant de l’aider. Certains aliments peuvent en effet provoquer ou aggraver une crise. Les nausées et vomissements sont fréquents lors d’une migraine. Votre proche pourra donc insister sur le fait qu’il n’a pas faim. Encouragez-le malgré tout à prendre des repas légers, adaptés à la migraine, et gardez des encas à portée de main.
3. Veillez à limiter le plus possible la surcharge sensorielle
La surcharge sensorielle peut déclencher ou aggraver les migraines. Il est donc capital de créer un environnement calme autour de votre proche. Tamisez les lumières, limitez les niveaux sonores et évitez les odeurs fortes pour l’aider à soulager sa migraine.
4. Imposez une routine de réveil
Si le repos est incontournable pendant une crise de migraine, il est capital de trouver un juste équilibre. S’il peut paraître « cruel » de réveiller quelqu’un qui souffre et souhaite se reposer, il n’est pas non plus conseillé de le laisser dormir jour et nuit. S’il dort trop, il risque de ne pas manger et boire de façon suffisante. Or, une bonne hydratation et une bonne alimentation sont essentielles à sa récupération.
5. Veillez à ce que la personne prenne ses médicaments prescrits pour traiter la migraine
Si un médecin a prescrit à votre proche un médicament pour traiter la migraine, préparez-vous avant l’arrivée de la crise en vous assurant de savoir le nom du médicament, à quoi ressemble la boite, le lieu où il est rangé et la posologie requise.
Au besoin, aidez-le à prendre son médicament, et n’oubliez pas de noter l'heure de prise.
6. Préparez des poches de chaud ou de froid
Avant toute chose, assurez-vous auprès de votre proche ou consultez son plan de gestion de crises pour savoir si les poches lui sont utiles. Appliquer délicatement la poche de froid ou de chaud sur sa tête, son cou et/ou ses épaules peut aider à réduire l’inconfort.
7. Apportez un soutien émotionnel
Que vous vous allongiez à ses côtés, lui teniez la main, lui caressiez les cheveux ou que vous preniez simplement de ses nouvelles régulièrement, votre présence lui montre qu'il n’est pas seul dans ce douloureux combat.
Le point à retenir
Il est certain que la migraine n’affecte pas uniquement le migraineux, mais aussi toute sa famille. Il peut être terrible de voir un proche souffrir et se sentir impuissant à le soulager.
Nous savons que vous ne pouvez pas faire disparaître la douleur. Mais il existe un certain nombre d’actions concrètes que vous pouvez entreprendre pour nous aider, et qui joueront un rôle important dans notre rétablissement. Globalement, tant que vous êtes là pour nous et que vous nous écoutez, nous nous sentons soutenus.
Ce témoignage et les informations présentées ont une visée pédagogique et ne constituent pas des conseils spécifiques pour l'évaluation, la gestion ou le traitement d'une quelconque pathologie.
COB-FR-NP-00160 – mai 2026








