Voyager avec la schizophrénie : ce que je prends en compte pour un voyage en toute tranquillité

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Voyager avec la schizophrénie nécessite de prendre en compte certains facteurs essentiels pour assurer sa sécurité (et favoriser une expérience agréable !). Lesley McCuaig explore sept défis auxquels elle a été confrontée lors de ses déplacements, notamment une légère recrudescence de ses symptômes et la nécessité de s'adapter rapidement à une nouvelle routine temporaire.

« Malgré ces défis, dit-elle, j'aime l'anticipation et l’excitation que procurent le voyage, et les bienfaits l’emportent souvent sur les désagréments. »


Voyager à travers le pays pour rendre visite à mes amis et à ma famille constitue l'une de mes activités préférées. J’adore ce type de périples et j’apprécie de pouvoir renouer avec mes proches.

Cependant, pour une personne atteinte de schizophrénie ou d'une autre maladie mentale sévère, les voyages peuvent être particulièrement difficiles. Ce n'est pas quelque chose que j'entreprends à la légère.

5 défis à relever pour voyager lorsque l’on souffre de schizophrénie

Si le voyage est souvent idéalisé, il cache aussi des réalités plus complexes, en particulier pour les personnes atteintes de schizophrénie. Au-delà des considérations financières, les voyages perturbent considérablement le sommeil et les traitements médicamenteux.

Le stress de découvrir un nouvel environnement associé à des paysages, des sons et des aliments inconnus, peut rendre les complications potentielles, telles qu’un épisode psychotique, encore plus redoutables.

1. L'impact sur mon rythme de sommeil

Le sommeil est crucial pour tout le monde, mais il l'est encore plus pour la gestion de la schizophrénie.

Lorsque vous entendez des hallucinations auditives toute la journée, tous les jours, 365 jours par an, vous en avez vraiment assez d’entendre du bruit. Sans repos suffisant pendant le voyage, ces hallucinations peuvent devenir encore plus envahissantes. Et, du fait du bruit permanent provoqué par mes hallucinations, je m’épuise plus rapidement que la plupart des gens. La fatigue et le stress liés au voyage s'ajoutent à cette tension, rendant plus difficile le maintien de l’équilibre nécessaire à la gestion de ma maladie.

2. L'observance thérapeutique face aux changements de fuseaux horaires

Voyager de la Nouvelle-Écosse à la Colombie-Britannique, ma destination préférée, implique un décalage horaire de 3 à 4 heures.

Ce changement a une incidence sur l’heure à laquelle je prends mes médicaments ainsi que sur mes habitudes de sommeil, qui sont essentielles pour maîtriser mes symptômes. Programmer des alarmes pour me rappeler de prendre mes médicaments peut faciliter mon adaptation au nouvel horaire.

De même, le stress lié au voyage peut exacerber les symptômes de la psychose. Bien que je ne parte que rarement à l'étranger, je prévois de me rendre prochainement en Irlande du Nord. Cette rupture avec mon environnement familier, ma maison, ma culture et mon pays, n’est pas sans difficultés supplémentaires.

Il est essentiel de planifier à l’avance l'ajustement de mon traitement avec l’aide de mon médecin, et de conserver un bon rythme de sommeil. Lorsque je prépare un voyage, il est important de prendre en compte les effets que cela pourrait avoir sur ma schizophrénie.

3. M’adapter à une nouvelle routine sans ma chienne

À la maison, ma chienne m'apporte un soutien émotionnel et m’aide à maintenir une routine rassurante. Bien qu’elle ne soit pas reconnue comme un animal de soutien émotionnel (terme utilisé en Amérique du Nord – il s’agit d’un animal dont la présence aide une personne à se sentir mieux sur le plan émotionnel. Ce statut bénéficie d’une reconnaissance légale partielle, notamment aux États-Unis, principalement dans le domaine du logement), le fait de m’en occuper contribue à maintenir de bonnes habitudes de sommeil, d'alimentation et d'exercice physique. Être séparée d’elle lorsque je voyage peut être pour moi source de stress, car cela perturbe ma routine quotidienne et sa compagnie me manque.

Heureusement, grâce à la technologie, je peux facilement prendre de ses nouvelles. Maintenir un contact régulier avec la personne qui la garde et recevoir des nouvelles permet d'atténuer une partie de mon stress.

4. Gérer l'intensification des symptômes

Si mes symptômes s'aggravent au cours d'un voyage, je reviens à l'essentiel : me nourrir sainement, bien dormir, faire de l'exercice et prendre mes médicaments à l’heure.

Si ces mesures ne suffisent pas, je consulte un professionnel de santé sur place.

Une assurance voyage avec une option couvrant les épisodes psychotiques contribue également à une meilleure tranquillité d’esprit. De nombreuses assurances de voyage ne couvrent pas les maladies mentales, il est donc indispensable de rechercher une compagnie qui propose une couverture spécifique pour les pathologies psychiatriques. Vous devrez peut-être vous adresser à un courtier indépendant.

5. S’adapter à de nouveaux environnements

Lorsque je me rends en Colombie-Britannique, mes hallucinations auditives augmentent généralement pendant les premiers jours du voyage. Mais comme il s'agit d'un schéma récurrent, je ne panique pas. Mes symptômes diminueront en intensité à mesure que je m'adapterai au nouveau fuseau horaire et à la nouvelle routine.

Rester patiente pendant cette période d'adaptation m'aide à gérer efficacement mes symptômes.

Le point à retenir

En résumé, avant de réserver mon prochain voyage, je dois réfléchir aux éléments suivants :

  • Adapter mon traitement et mes horaires de sommeil en conséquence
  • Anticiper l'absence temporaire de ma chienne et du soutien qu’elle m’apporte
  • Gérer le stress, qui peut renforcer les hallucinations auditives

Lorsque je rends visite à mes amis ou à ma famille pendant un voyage, ils m'aident souvent à surmonter ces difficultés. Ils m’apportent un soutien émotionnel, m’aident à la gestion de mon traitement et à trouver des professionnels de santé sur place. Et n'oubliez pas qu'il est essentiel de disposer d’une assurance voyage qui couvre les troubles de santé mentale tels que les épisodes psychotiques. Malgré ces difficultés, j'aime l'anticipation et l’excitation que procurent les voyages, et les bienfaits l’emportent généralement sur les désagréments.

En planifiant soigneusement et en maintenant autant que possible les routines, voyager peut être une expérience formidable, même lorsque l’on souffre de schizophrénie.

COB-FR-NP-00149 – novembre 2025

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